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L’Institut du
Sacré-Coeur fut ouvert par les Soeurs de la Providence et de
l’Immaculée Conception, une congrégation fondée par Jean-Marie
MOYE (Cutting, Lorraine, 1730 - Trèves, 1793). Dans la lignée de
Saint Vincent de Paul, celui-ci se préoccupa essentiellement des
filles pauvres de la campagne.
Il recommanda aux religieuses de se laisser guider par
l’abandon à la Providence et de rechercher la pauvreté, la
simplicité et la charité. J-M MOYE, lui même, partit évangéliser
la Chine pendant 13 années durant lesquelles, il développa un
apostolat fécond. Il fut béatifié en 1954.
La maison belge devint autonome en 1833. Son fondateur,
Monseigneur J-B KINET (Namur, 1788 - Champion, 1859) en avait
établi le siège à Champion-lez-Namur. Il la destina à la
scolarisation des campagnes et des localités rurales ainsi qu’à
la surveillance des prisons de femmes. Fidèles à l’esprit
missionnaire de leur fondateur, les Soeurs de la Providence
essaimèrent en Belgique, mais aussi en Italie, en Angleterre, au
Zaïre, aux États-Unis, de même qu’en Équateur et au Pérou. En
1970, les différentes branches françaises et belges des Soeurs
de la Providence comptaient 6.000 religieuses réparties sur
quatre continents.
C’est en 1862 que, avec le soutien financier de l’Évêque de
Namur, Monseigneur DEHESSELLE, et à la demande du Doyen
DELCOMMUNE, cinq Soeurs s’installèrent à la Place du Marché
(aujourd’hui, Place P. Moxhet, à l’emplacement de l’actuelle
école primaire St-Joseph) afin de prendre en charge une école
primaire de filles et un Pensionnat.
En cette époque où la scolarité primaire n’était pas
obligatoire, où les élèves assistaient aux cours durant l’hiver,
le belle saison étant réservée aux travaux des champs, leur
venue répondait à un besoin. Elles contribuèrent à faire du
Luxembourg la province belge qui, au XIXè siècle, comptait le
plus petit nombre d’analphabètes, même chez les femmes.
A la veille de la première 'guerre scolaire ' (1879-1884),
suivant en cela les recommandations de la hiérarchie
ecclésiastique, les Soeurs ne voulurent plus être considérées
comme une école communale adoptée. Elles devinrent entièrement
libres et ne subsistèrent plus qu’avec l’appui des catholiques
de Vielsalm et les pensions des internes. Elles conservèrent
d’ailleurs la majeure partie de leurs élèves.
En 1908, la diminution du nombre de pensionnaires, les
nécessités d’aménagement des locaux et des divergences de vue
avec le Doyen MARTILLY poussèrent Champion à construire un
nouveau Pensionnat sur la Colline des Chars à Boeufs. La
Communauté l’occupa fin août 1909 et, depuis cette date, elle
dispose des services d’un aumônier. L’école primaire restait à
la Place Moxhet.
Au début et à la fin de la première guerre mondiale, le
Pensionnat fut occupé à plusieurs reprises par les troupes
allemandes. L’immédiat après-guerre connut une période
d’expansion qui se concrétisa en 1923 par l’ouverture d’une
école ménagère temporaire, de novembre à fin février, et par une
école de coupe.
En 1934, celle-ci devint une école moyenne ménagère agricole
subsidiée qui répondait aux besoins de l’économie locale et
favorisa l’amélioration de l’agriculture régionale.
A côté des pensionnaires belges, les écoles primaire,
(Saint-Joseph , dirigée elle aussi par les Soeurs de la
Providence accueillait les élèves externes de Vielsalm) moyenne
et ménagère continuaient à recevoir les pensionnaires
germanophones venues des cantons de l’est, d’Allemagne et du
Grand-Duché de Luxembourg pour leur apprendre la langue de
Molière.
Les difficultés engendrées par la seconde guerre mondiale
furent accrues par les dégâts occasionnés lors de l’Offensive
des Ardennes qui vit le Pensionnat transformé en hôpital de
campagne et servir de refuge à plusieurs familles de civils.
La vie reprit son cours.
Le pacte scolaire de 1958 permit à l’école de vivre décemment,
même si elle n’échappe toujours pas aux difficultés financières.
Les années ' 60 ' connurent plus de bouleversements qu’il ne
s’en était produit durant le siècle précédent. En 1963, la
section moyenne professionnelle fut transformée en section
professionnelle ménagère agricole et en 1974 en option
' Services aux personnes '.
On créa un cycle complet des humanités scientifiques B et une
section professionnelle ' Travaux de bureau '. Ces modifications
avaient été favorisées par le Concile ' Vatican II ' qui élargit
les mentalités et fit pénétrer l’Eglise et l’Ecole dans le XXè
siècle, et par gonflement des effectifs scolaires, joints à la
confiance dans l’avenir. En 1971, l’école devint mixte avant
d’adopter l’année suivante, l’enseignement secondaire rénové,
alors à ses débuts.
Ce dernier favorisa une large diversité des options qui
répondirent aux souhaits des élèves accueillis désormais, en
plus du vieux couvent, dans les bâtiments du ' Shalom ', de la
' Prairie ' et des ' Guérets '. Ces mêmes années avaient vu
s’opérer la laïcisation totale des professeurs.
En 1981-82, l’Institut et le Pensionnat du Sacré-Coeur furent
regroupés dans un Centre d’Enseignement Secondaire (C.E.S.) qui
s’enrichit d’une 5ème année professionnelle ' Assistance
familiale et sanitaire '.
L’enseignement de promotion sociale prit définitivement son
essor en 1993, l’I.L.L.E.P.S. (Institut Libre Luxembourgeois
d’Enseignement de Promotion Sociale) offrit au public régional
un éventail de formations qui connurent rapidement une
fréquentation remarquable.
Au 1er septembre 1994, l’I.S.C. -sigle reconnu- s’associa aux
établissements secondaires de Bastogne pour former un nouveau
C.E.S.
C’est à cette date enfin que l’enseignement technique fit son
apparition au 2ème degré : l’option ' Gestion ' était née. |